Tout savoir sur les intolérances alimentaires

Alimentation - Posté le lundi 10 juin 2019

Dossier #3 Reportage

Migraines, insomnies, problèmes de poids… Et si c’était une intolérance alimentaire ? 

La pollution, le stress, la modification de notre alimentation vers des aliments ultra-transformés jouent un rôle non négligeable dans l’apparition de ces intolérances longtemps méconnues. En effet, les intolérances alimentaires toucheraient entre 5 et 50 % de la population selon les sources.

Une étude récente publiée dans Public Health Nutrition [High prevalence of food intolerances among US internet users – PubMed] rapporte que 24,8 % des adultes américains interrogés en ligne se déclarent souffrir d’une intolérance alimentaire, avec une prévalence plus élevée chez les femmes et les jeunes adultes.

Vos soucis de santé, vos maux quotidiens viennent peut-être de là ! Saviez-vous qu’en détectant vos intolérances alimentaires, vous pourrez adapter votre régime et ainsi mettre fin aux inflammations qu’elles provoquent ?

Intolérance alimentaire… de quoi parle-t-on vraiment ?

Les intolérances alimentaires à IgG, ou hypersensibilités alimentaires, sont la conséquence d’une réaction locale inflammatoire face à l’agression de certains aliments immunologiquement mal tolérés. Leur ingestion entraîne des symptômes variés, souvent non spécifiques, ce qui explique qu’elles sont souvent difficiles à reconnaître : syndrome du côlon irritable (douleur abdominale, diarrhée, ballonnements…), fatigue chronique, maux de tête, douleurs articulaires, problèmes de peau… Leur diagnostic est d’autant plus important que les intolérances alimentaires font souvent le lit de maladies auto-immunes qui se développeront par la suite sur ce terrain favorisé.

À la différence d’une allergie alimentaire qui implique une réaction immunitaire immédiate potentiellement sévère (par exemple, un choc anaphylactique ou un œdème de Quincke) et mettant en jeu des IgE (Immunoglobulines E), une intolérance alimentaire  découle souvent d’une réaction immunitaire plus lente et moins violente, faisant intervenir des IgG (Immunoglobulines G).

Elle peut également découler d’un déficit enzymatique ou d’une sensibilité accrue à certains composants alimentaires comme le lactose, le fructose ou encore le gluten (sensibilité cœliaque avec présence d’IgA, ou non-cœliaque, de mécanisme encore mal élucidé).

Pour plus de clarté, nous poursuivrons cet article en considérant les seules intolérances à IgG, les autres (enzymatiques ou non immunologiques) constituant une entité physiopathologique différente.

Ne pas confondre allergie et intolérance alimentaire !

Trop souvent, une confusion est faite entre allergie alimentaire et intolérance à IgG. Ces deux réactions, qui ont en commun d’impliquer le système immunitaire, sont pourtant bien différentes : elles se distinguent par leur mécanisme d’apparition, leur fréquence et leur symptomatologie.

Les allergies alimentaires sont beaucoup plus rares et peuvent survenir à partir de très petites quantités d’aliments, mais sont fréquentes chez les enfants. Elles constituent la traduction de la production d’IgE par le système immunitaire contre ces aliments. Elles se caractérisent par des symptômes aigus, potentiellement graves, rapides voire immédiats. Les allergies sont permanentes ou définitives et des traces d’allergènes sont suffisantes pour les déclencher. Elles sont essentiellement détectables par la symptomatologie clinique, confirmée par des tests cutanés ou par des dosages sanguins d’IgE spécifiques.

Les intolérances alimentaires, quant à elles, surviennent lorsque le système immunitaire produit des anticorps IgG (Immunoglobulines G). Elles se distinguent par des symptômes moins spécifiques, qui surviennent entre 4 h et 3 jours après la prise alimentaire. Leur origine est alors, de fait, souvent méconnue. Les intolérances peuvent exister chez l’enfant comme chez l’adulte. Les tests cutanés sont négatifs et de nombreux aliments peuvent être en cause. L’allergène est très souvent non reconnu et l’aliment est apprécié, donc souvent consommé. La diminution / disparition des symptômes est possible après éviction de l’aliment responsable.

Manifestations les plus fréquentes des intolérances alimentaires

Troubles gastro-intestinaux
– Flatulences et ballonnements
– Diarrhées, constipation
– Nausées
– Spasmes abdominaux

Douleurs chroniques
– Maux de tête
– Syndrome de fatigue chronique
– Douleurs musculaires et articulaires

Problèmes de poids
– Effet yoyo
– Surpoids

-Résistance à la perte de poids

Affections psychologiques
– Troubles de l’humeur (dépression…) et du comportement
– Hyperactivité (TDAH)
– Troubles du sommeil

Problèmes de peau
– Acné
– Eczéma
– Vieillissement cutané

Mécanismes d’apparition des intolérances alimentaires à IgG

L’ingestion d’un aliment immunologiquement mal toléré entraîne une perturbation de l’équilibre de la flore intestinale, qui altère elle-même la muqueuse intestinale. Il s’ensuit une atteinte de l’épithélium intestinal entrainant in fine ce qu’on appelle une hyperperméabilité intestinale (HPI) ou leaky-gut des Anglo-Saxons, favorisant le passage de molécules alimentaires mal digérées et de toxines dans la circulation sanguine.

Dans le sang, l’interaction de fragments alimentaires, reconnus comme des antigènes, et d’anticorps spécifiques de type IgG entraîne la formation de complexes antigène-anticorps. Ces complexes vont être capables de migrer via le flux circulatoire et de se déposer au niveau de différents tissus ou organes dont ils vont perturber le fonctionnement et le métabolisme. La présence de ces complexes entretient ainsi une inflammation de bas grade, délétère pour l’organisme et pouvant être à l’origine de maladies ou de symptômes chroniques, comme cités précédemment.

Détection des intolérances à IgG, une étape clé de votre traitement

Après avoir vérifié qu’il ne s’agit ni d’une allergie (IgE), ni d’une maladie cœliaque*(IgA), votre médecin peut vous prescrire un test de recherche d’intolérances alimentaires à IgG. Ce test nécessite un prélèvement sanguin à effectuer dans un laboratoire. Les résultats sont ensuite transmis sous 3 semaines.

Que faire une fois votre test d’intolérances alimentaires effectué ?

Votre test de dépistage se révèle positif à un ou plusieurs aliments ? Dans ce cas, deux cas de figure se présentent.

  • si les résultats révèlent quelques intolérances alimentaires (moins de 10), il est conseillé de mettre en œuvre une stratégie nutritionnelle basée sur une ou plusieurs éviction(s).

Celle-ci se décompose en trois temps :

1.La phase d’élimination : vous procéderez à l’éviction totale des aliments « positifs », et ce pendant 8 à 12 semaines, afin d’observer la disparition possible des symptômes initiaux.

    2.La phase de provocation : vous pourrez réintroduire, ponctuellement, un par un, les aliments qui ont été éliminés afin d’identifier les aliments déclencheurs de symptômes.

    3.La phase de stabilisation : après l’identification des aliments responsables de symptômes lors de la phase de provocation, vous devrez trouver un équilibre général pour stabiliser vos symptômes. Il est possible que certains aliments soient à proscrire définitivement et que d’autres puissent être consommés de temps en temps.

      • en revanche, des résultats révélant de nombreuses intolérances (plus de 10) évoquent plutôt une hyperperméabilité intestinale. Des investigations supplémentaires seront nécessaires pour confirmer cette hypothèse et initier la prise en charge nécessaire.

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      4 types de panels sont disponibles, permettant de tester 25, 50, 100 ou 287 aliments différents.

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      Les bilans préventifs

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